Dagobah : L'exil d'un Maître Jedi (by Estrildis)

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H@n Solo
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Dagobah : L'exil d'un Maître Jedi (by Estrildis)

Message par H@n Solo »

Une petite capsule ovoïde filait vers la planète verte. Elle accélérait vers la surface, comme pour se dissimuler sous la couche nuageuse. Puis, les rétrofusées s’enclenchèrent et l’engin se retourna pour se poser sur ses quatre pieds métalliques dans un environnement brumeux et marécageux. Les quatre trains d’atterrissage fumaient encore lorsque la porte d’accès s’abaissa en passerelle pour dévoiler l’unique occupant de l’appareil. Yoda, le petit Maître Jedi à la peau verte regarda un moment le décor étranger qui s’offrait à lui et soupira.

Il resta ainsi un temps indéterminé, à observer le marais nauséabond qui allait devenir son nouveau cadre de vie. Tout était sombre et ténébreux, des arbres torturés cachaient totalement le soleil. L’eau croupie et l’ombre de la sinistre forêt donnaient à l’atmosphère une moiteur très désagréable. Yoda sentait sa tunique de Jedi lui coller à la peau. Cette sensation déplaisante était amplifiée par l’impression d’oppression suscitée par le paysage chaotique.

Mais Yoda savait qu’il n’avait pas vraiment le choix. Partout dans la Galaxie, Palpatine et son nouvel apprenti Dark Vador avaient lancé leurs soldats clones à la recherche des Jedi survivants. Et trouver le Maître le plus célèbre du Conseil Jedi devait être en tête sur la liste de leurs priorités. Comme la poursuite d’Obi-Wan Kenobi. Tout comme eux, les Sith savaient qu’il n’était pas aisé de dissimuler pareils serviteurs de la Force. Pour cette raison, l’ancien professeur d’Anakin Skywalker avait décidé de veiller sur le petit Luke sur Tatooine. Eloignée de Coruscant et contrôlée par les Hutt, le nouvel Empire n’y aurait que peu de pouvoir d’investigation. Sans compter que les vastes étendues désertiques offraient de multiples cachettes et protections naturelles à qui savait y survivre.

Si Kenobi s’était mis en devoir de suivre la croissance du fils de son ami et avait ainsi déterminé le lieu de son exil, la chose avait été plus délicate pour Yoda. Il lui avait fallu trouver une planète dans la Bordure Extérieure pour établir la plus grande distance possible entre l’Empereur et lui, éloignée de toute voie commerciale pour limiter les risques d’être découvert par hasard, inhabitée pour ne pas mettre d’autres vies en danger, hostile pour ne pas inciter une quelconque implantation et surtout un endroit où son rayonnement dans la Force ne pourrait être perçu.
En cherchant un refuge, Yoda s’était souvenu de cette petite planète oubliée des archives. Une ancienne exploration s’était soldée par la disparition mystérieuse de toute une équipe. Et une course poursuite avec des Jedi Noirs avait laissé une empreinte durable du Côté Obscur. L’endroit s’était donc révélé l’idéal pour le dissimuler et il avait demandé au Sénateur Bail Organa d’Alderaan de l’y larguer avec une capsule de sauvetage du Tantive IV.

Ce fut ainsi que le doyen du Conseil Jedi s’était retrouvé à patauger dans la boue, loin des allées paisibles et sereines du Temple. Sur la planète-jungle, il décida d’inspecter le marécage étranger de son exil, manquant de trébucher sur les imposantes racines des arbres Gnarl. Lors de cette première excursion, il se sentait inexorablement attiré vers une position particulière de la surface, une source maléfique, une grotte qui était le tombeau d’un adepte du Côté Obscur. Il aperçut bientôt l’entrée. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, il sentait l’air se refroidir autour de lui. Cet endroit était glacé comme la mort. Il en frissonna. De sombres pensées l’assaillirent soudain, comme des échos après les tragiques événements des derniers jours. Il faisait nuit noire et il sentait la fatigue le submerger peu à peu. Il décida alors de retourner à la capsule pour se reposer un peu.

Lorsqu’il se réveilla en sursaut le lendemain, le soleil était déjà haut dans le ciel, mais l’obscurité était encore très marquée. Il se redressa, tous les sens à l’écoute de ce qui l’entourait. Au fond de lui, il sentait la Force le prévenir d’un danger sous la forme d’une sorte de signal d’alarme. Son environnement était anormalement calme et silencieux. Tous les animaux s’étaient tus, comme s’ils étaient en attente de quelque chose. Un mouvement brusque dans l’eau se fit entendre, mais Yoda ne vit que les remous à la surface quand il sortit la tête de son abri et la vie reprit son cours normal sur Dagobah.

Les premiers jours, le petit Maître Jedi organisa son temps entre l’exploration et la méditation. Les Sith menaient particulièrement à bien leur mission et Yoda recevait encore régulièrement des messages annonçant le décès de nouveaux Jedi à travers la Force. Cela ne cesserait-il jamais ? Ces contacts étaient éprouvants, aussi bien psychologiquement que physiquement, et pour garder des forces, il avait besoin de s’alimenter fréquemment. Comme la capsule était petite, il n’avait pu emporter beaucoup de réserve de nourriture et rapidement ses rations de survie furent épuisées. Il était alors parti à la recherche de quelque chose de comestible.

N’étant pas très porté sur la viande, il s’orienta d’abord naturellement vers des plantes. Feuilles, branches, racines. Crues, cuites, bouillies. Il testa tout. Avec plus ou moins de réussite. Les végétaux locaux bons à manger étaient aisés à trouver, mais peu nombreux. Pour changer un peu de menu, il décida de se mettre à la chasse. Parmi les espèces animales, il rencontra beaucoup de reptiles et les plus faciles à capturer étaient les serpents, en particulier les rayés noirs et jaunes. Un jour qu’il était en traque d’un spécimen dans les marais, il ressentit une peur inhabituelle chez sa proie. Il s’arrêta quelques instants à l’abri des arbres pour écouter la Force. Un monstre faillit de l’eau boueuse et s’empara du petit reptile.

Après plusieurs semaines à piétiner dans les marais, entre la chasse et la capsule, il se résolut à se construire une abri permanent, le symbole de son implantation durable sur Dagobah. Ses longues promenades lui avaient permis de trouver l’emplacement idéal. Suffisamment près de la grotte du Jedi Noir pour être dissimulé par son aura malfaisante. Et suffisamment loin pour ne pas être agressé en permanence les relents de colère, de haine et de souffrance qui se dégageait ce lieu.

Pour se faciliter la tâche, Yoda avait déplacé la navette jusqu’au terrain choisi à l’aide de la Force. Il s’était installé à proximité d’un point d’eau potable et sous un des grands arbres Gnarl. De son sabre laser, il avait découpé la carlingue de son ancien transport. Puis il agença les différents morceaux pour faire l’armature de la future cabane et perça des ouvertures. S’il avait établi les plans ainsi, c’était autant pour disposer d’une base pour le petit édifice que pour éviter de laisser les métaux s’oxyder à l’air libre. Puis, il avait camouflé ses poutrelles avec de la boue séchée.

L’habitation ainsi fabriquée était très primaire et spartiate, mais cela ne gênait en rien l’occupant. Yoda n’avait jamais recherché le luxe, ses anciens appartements au Temple n’étaient pas réputés pour leur confort ou leur riche décoration. Le toit, trop bas pour la majorité des individus de la Galaxie, lui convenait parfaitement et les formes arrondies de la construction permettaient de conserver au milieu la chaleur. Et ainsi de créer un lieu de méditation agréable.

Sur Dagobah, la vie quotidienne s’était mise peu à peu en place. Les animaux, tout d’abord effrayés par la cabane, s’étaient accoutumés à cette nouvelle présence et avaient repris leurs anciennes habitudes. Certains se montraient plus téméraires, ou plus curieux, et allaient jusqu’à pénétrer dans l’étrange tanière. C’était en particulier le cas des serpents qui aimaient se réchauffer près du foyer. Le Maître Jedi avait appris à les apprécier : sensibles à une certaine forme de la Force, ils avaient un don particulier pour sentir les prédateurs et les changements de temps. Ce qui se révéla très intéressant sur une planète où la météo était aussi capricieuse.

La révélation des Sith à la Galaxie n’avait pas été sans conséquence sur la Force. Le Côté Obscur qui masquait tout depuis de longues années était sorti de l’ombre et les visions du doyen de l’ancien Conseil des Jedi s’en étaient trouvées éclaircies. Il recevait ainsi régulièrement des nouvelles du nouvel espoir de l’ordre millénaire en provenance de Tatooine. Mais surtout, il l’avait vu lui rendre visite sur Dagobah où il lui apprenait à maîtriser ses pouvoirs. S’il était entendu que toujours en mouvement était l’avenir, cette idée lui réchauffait le cœur.

Il lui fallait alors se préparer pour recevoir ce nouvel élève. Un élève unique. Durant des siècles, Yoda avait formé des apprentis ayant baigné dans la Force dès leur plus jeune âge, choisis par l’Ordre pour une vie au service de la République. Et cette fois-ci, il aurait à enseigner à un jeune homme éduqué dans un régime totalitaire, qui aurait pris la résolution de s’engager sur la voie des Jedi. Un étudiant comme il n’y en aurait plus jamais d’autre. Il devrait trouver un moyen d’évaluer le potentiel et la persévérance du jeune Luke Skywalker, pour tester s’il serait à la hauteur de la tâche qui l’attendait. Perdu dans ses pensées, il eut un nouvel écho de la Force : T’aider, je puis. Trouver ton ami.

Sur le seuil de sa hutte d’où il regardait la pluie tomber, Yoda repensa aux premières impressions que cette planète lui avait inspiré quand il avait atterri. En regardant les marais qui l’entouraient, il pensa boueux, visqueux, mais désormais, ici je vis.
Réalisateur à ses heures perdues...
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